Demain une oasis
Par traaf le samedi 7 octobre 2006, 01:56 - lectures - Lien permanent
Je décide d'ouvrir cette catégorie consacrée à mes lectures suite à ma 3ème relecture de "Demain une Oasis" , de Ayerdhal
Franchement, un pur concentré d'émotion. C'est un bouquin d'anticipation, l'histoire se passe dans un futur proche, dans un monde ou les pays pauvres tentent de survivre pendant que les riches financent leurs programmes de recherches spatiales.
Un médecin sans réelle vocation reconverti dans l'administration se fait enlever par un groupuscule de "terroristes humanitaires" aux méthodes musclées qui ne lui laissent pas vraiment d'autre choix que de les aider à essayer de sauver les populations du tiers-monde livrées à la famine.Sans autre alternative que de se plier à leur volonté, il participe à leur effort de survie et finit, devant les scènes d'horreur qu'il découvre quelque part entre l'érythrée et le soudan, par adhérer à leur cause, mais sans jamais abandonner son sentiment de révolte face aux méthodes employées par ses kidnappeurs. Ce qui rend ce roman crédible et presque réaliste, c'est cette constante balance du personnage entre le but, on ne peut plus humaniste et auquel il finit par adhérer après avoir renoncé à se laisse porter par les événements, et la dénonciation des méthodes employées (la contrainte est le meilleur moyen de recruter des "volontaires" désignés d'office en fonction de leurs compétences).
Cette interrogation est permanente tout au long de l'histoire, jusqu’où devenir injuste pour combattre l’injustice ?
Le tout associé en filigrane à une reflexion écologique sur la responsabilité de l'Homme dans les processus de changement climatique, avec un ton plutôt pessimiste de l'auteur, les pays riches investissant tout dans leurs recherches spatiales pour réussir a se barrer d'une terre mourante plutôt qu'essayer de la sauver, en abandonnant derrière eux ceux n'ayant pas les moyens de suivre.
Ce qui fait de "Demain une oasis" un bouquin comme je les aime, c'est que, après 200 pages très vite lues, on en reste impregné pendant longtemps, une vraie claque dans la gueule qui provoque un gros sentiment de malaise bien après que le livre soit rangé dans la bibliothèque